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LE CENTENIER DE CAPERNAUM: Matthieu 8:5-13

Le Centenier de Capernaum, par Julius V. H. SCHNORR von
CAROLSFELD.  'Das Buch der Bšcher in Bildern.' publié par Georg Wigand, Liepzig: 1908

C'est l'un des rares récits de miracles figurant dans Matthieu et Luc (Matthieu 8:5-13; Luc 7:1-10) qu'on ne trouve pas chez Marc. Nous sommes à Capernam, dans la ville de Jésus, capitale de la Galilée.

Un centenier l'aborda:

C'était un officier, commandant une centaine de soldats, quelque chose comme un lieutenant ou un capitaine dans l'armée française. Au titre d'officier des troupes d'occupation, c'était un païen, comme le confirme du reste Jésus, en comparant sa foi à celle des juifs.

Son serviteur est malade, gravement malade. Matthieu simplifie un peu le récit en mettant ce centenier en contact direct avec Jésus, alors que, selon Luc, il lui envoya "quelques anciens des juifs" (Luc 7:3). Et comme Jésus se dirigeait vers sa maison, il lui envoya à nouveau des gens pour lui dire qu'il n'était pas nécessaire qu'il entrât chez lui et, qu'étant un païen, il ne s'est pas cru digne d'aller en personne le trouver (Luc 7:6.7). Ce sont des détails qui ne changent rien à la compréhension du texte.

Jésus qui a secouru un lépreux, une femme impure, un possédé, un paralysé, va apporter son aide à un païen. Qu'ont tous ces gens en commun? Ils sont en quelque sorte des exclus, des hommes qui n'ont pas le doit de se rendre dans le temple ni même de toucher leurs semblables. Ils sont impurs; parfois on les prend même pour de grands pécheurs. Alors ils vont demander au Seigneur ce qu'ils ne peuvent pas trouver ailleurs.

Cet homme est un païen. Il doit donc, s'il veut aller dans le temple, se tenir dans le "parvis des Gentils" pour ne pas souiller le sanctuaire, et les juifs n'ont pas le droit d'entrer dans sa maison pour ne pas se souiller à leur tour, ce qui leur interdirait de célébrer le sabbat ou la Pâque (Jean 18:28; Actes 10:9-16). Certes, Israël avait été le peuple choisi, élu par Dieu, le peuple de l'alliance appelé à se sanctifier dans la foi. Mais Dieu ne lui avait jamais dit qu'il se souillait en entrant chez les païens. Ce qui souille, ce n'est pas la maison ou la main d'un païen, mais sa religion quand on la fait sienne. Mais ce ne sera pas le cas de ce centenier, puisque sa religion c'est la foi en Christ!

C'est encore un de ces tabous non bibliques qui encombrent la religion et la piété de son peuple et que Jésus veut démolir. C'est pourquoi, de même qu'il a touché le lépreux pour le guérir (Marc 1:41), il décide de se rendre dans la maison de ce païen qui, de surcroît, était un "occupant", le représentant d'un pouvoir impur en terre sainte, et se met en route (V.7).

Seigneur, je ne suis pas digne... Dis seulement un mot!

Difficile d'imaginer une foi plus forte. Cet homme se démène pour son serviteur malade, paralysé, qui souffre beaucoup. Ils ne courent pas les rues, les patrons qui souffrent parce que l'un de leurs employés est malade. On aimerait qu'ils soient nombreux; les syndicats n'auraient pas beaucoup de travail... C'est à ses fruits qu'on reconnaît un arbre. Sur ce point en tout cas, le centenier se comporte en vrai croyant.

Sur un autre aussi. Il ne se sent pas digne d'accueillir Jésus sous son toit, et pas seulement parce qu'il est un païen. Il sait que cela ne compte pas aux yeux du Christ. Non, s'il n'est pas digne de le recevoir, c'est parce qu'il est un homme pécheur. Sur ce point il en sait autant que Simon Pierre (Luc 5:8). Mais il sait aussi que Jésus n'a pas besoin de venir imposer les mains à son serviteur. Il peut guérir de loin, par sa simple parole. S'il lui suffit à lui de parler et de donner des ordres, pour que ses soldats courent et que sa volonté soit faite, à combien plus forte raison Jésus peut-il faire des prodiges rien qu'en parlant.

Le centenier le sait et n'en doute pas un instant. Il est manifeste qu'il croit en la toute-puissance du Christ qu'il appelle du reste le Seigneur. Il le considère donc comme un envoyé du ciel et peut-être déjà comme le Messie promis à Israël. Lui-même n'est qu'un subalterne, soumis à des supérieurs, un petit, mais sait se faire obéir. Alors à combien plus forte raison Jésus, qui n'est soumis à personne dans ce monde, qui est le Seigneur, peut-il d'un mot guérir un malade rien qu'en prononçant une phrase. D'ailleurs il l'a déjà montré. D'autres malheureux ont déjà profité de sa parole puissante.

Jésus fut dans l'étonnement:

Un homme vient de confesser sa foi. Une confession magnifique, qui en disait plus que ce qu'il avait entendu dire jusqu'à présent. Tout y est, une humilité sincère, une confiance à toute épreuve, la reconnaissance de sa divinité, de sa toute-puissance et de son amour pour les hommes. Et elle jaillit des lèvres d'un païen, d'un occupant honni, d'un homme que les juifs ne pouvaient que mépriser et haïr. Jésus en est tout ébahi, émerveillé. Il fera un miracle, pas dans la tristesse et avec colère, comme la guérison de la main sèche, mais dans la joie et le bonheur.

Son coeur déborde de joie. D'autant plus que ce centenier est le premier païen qu'il croise et qu'il voit en esprit assis à la table du festin céleste.

Plusieurs viendront de l'orient et de l'occident et seront assis à table avec Abraham...:

Ce n'est pas une bonne traduction. Il aurait fallu traduire non pas "plusieurs", mais "beaucoup". Jésus qui enverra ses apôtres dans le monde entier annoncer l'Evangile du salut, voit les païens se convertir en grand nombre, entrer dans l'Eglise d'un coeur repentant et croyant et marcher au-devant du ciel. Il les voit assis à sa table, célébrant les noces de l'Agneau, ses noces, auprès d'Abraham, d'Isaac et de Jacob et au milieu de tous les juifs croyants. Mais il annonce aussi que les "fils du Royaume", ceux-là même qui étaient en premier lieu appelés au salut, seront exclus, rejetés à cause de leur incrédulité. Il faisait l'amère constatation de l'incrédulité de ses compatriotes; les apôtres la feront aussi en leur temps, et se tourneront alors vers les païens (Actes 13:46).

Bien évidemment, Jésus exauça la prière de ce croyant. Il lui accorda ce qu'il lui avait demandé avec foi, la guérison de son serviteur.

 

Thèmes de réflexion:

 

Questions de révision et exercices:

 


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(A noter: les quelques images insérés au texte de ce document n'y figurent pas dans l'orginal, mais ont été ajoutés au moment de la préparation de la version en-ligne.  Ils sont tous dans le domaine public, par Julius V. H. SCHNORR von CAROLSFELD, du livre: "Das Buch der Bucher in Bildern." publié par Georg Wigand, Liepzig: 1908.)

 

 

16-Septembre-2002, David Milette.