L'Écriture Sainte: Son Autorité et Son Inspiration, par Dr. Wilbert Kreiss - index  L'Écriture Sainte: Son Autorité et Son Inspiration, par Dr. Wilbert Kreiss - index


 

CHAPITRE 5: LES PROPRIÉTÉS DE l'ÉCRITURE SAINTE

L'Ecriture Sainte possède en vertu de son inspiration, du fait donc qu'elle est Parole de Dieu, un certain nombre de propriétés ou qualités. Leur définition n'est pas le simple fruit d'un raisonnement. La Bible elle-même les revendique et en rend témoignage.

 

1) Infaillibilité et inerrance :

Si toute l'Ecriture est Parole inspirée de Dieu, il s'ensuit qu'elle est infaillible, non seulement, comme le concèdent volontiers les théologiens libéraux, parce qu'elle parvient à son but, qu'elle est en mesure d'enseigner à l'homme le chemin du salut, mais aussi en ce sens que tout ce qu'elle affirme est vrai et que tout ce qu'elle promet se réalise. Elle ne contient pas d'erreurs et est de ce fait inerrante. On ne peut relever en elle aucune affirmation que l'on doive, pour des raisons contraignantes et sans appel, rejeter comme fausse. Cette inerrance s'applique à tout le contenu de la Bible.

"La parole de l'Eternel est droite et toutes ses oeuvres s'accomplissent avec fidélité" (Psaume 33:4).

"Le témoignage de l'Eternel est véritable" (Psaume 19:8).

"Ta parole est la vérité" (Jean 17:17).

"Il fallait que s'accomplît ce que le Saint-Esprit a annoncé d'avance dans l'Ecriture" (Actes 1:16).

"L'Ecriture ne peut être anéantie" (Jean 10:35).

Cette dernière affirmation du Christ concerne un mot isolé tiré de Psaume 82:6. Cf. du reste toute la façon dont le Christ et ses apôtres fondent leur enseignement sur l'Ecriture, en l'occurrence l'Ancien Testament (Matthieu 4:22.31; 5:17-19; Luc 16:17; Actes 24:14).

Si l'Ecriture n'est pas infaillible, si elle contient des erreurs, il faudrait que Dieu donne aux hommes une autre révélation, infaillible cette fois, qui puisse servir de règle et de norme pour discerner dans l'Ecriture le vrai du faux.

Quatre réflexions s'imposent :

Confesser l'inerrance de l'Ecriture, c'est affirmer tout simplement que son autorité et sa sûreté s'étendent à toutes ses assertions, même quand il s'agit de questions de détail. L'emploi de l'adjectif "inerrant" est relativement récent et motivé par le fait que la théologie libérale avait fini par s'emparer de la notion d'infaillibilité pour lui donner un sens nouveau. Faire cependant de l'inerrance de l'Ecriture un dogme fondamentaliste moderne est contraire à la réalité historique. Non seulement les Réformateurs, mais les Pères de l'Eglise primitive ont tous confessé que la Bible ne contient pas d'erreur. Si de nos jours la théologie évangélique parle plus volontiers d'inerrance que d'infaillibilité, c'est parce que la portée de ce dernier terme a été limitée par la théologie libérale. Celle-ci en effet est prête à attribuer l'infaillibilité à la Bible au sens étymologique du mot ("qui ne peut pas tomber", "qui réalise toujours son objectif"), mais sans confesser pour autant que la Bible ne contient pas d'erreur. Il a donc fallu, pour se distancer de cette théologie, recourir à un terme plus précis. Cela dit, il existe même dans la théologie confessionnelle une aile qui affiche une répugnance pour le concept d'inerrance et limite la "vérité" de la Bible à ses affirmations religieuses et doctrinales. Quant à la théologie catholique, comme nous aurons encore l'occasion de le voir, si elle utilise le terme "inerrance", elle le vide de son sens.

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La Bible dit toujours la vérité et ne contient pas d'erreurs
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Quelques précisions :

La notion d'inerrance doit être soigneusement délimitée, pour rendre justice à la Bible. Nous donnerons donc les précisions suivantes :

Toutefois, nous confessons que les paroles du Christ dans les évangiles, à la différence de ce qu'ont pu dire les pharisiens et les scribes, et même Nicodème et la Samaritaine, sont non seulement rapportées de façon inerrante, mais inerrantes en elles-mêmes. Cela vaut aussi pour le sermon de Pentecôte de l'apôtre Pierre (Actes 2). Ne sont inerrantes dans la Bible d'une inerrance primaire que les paroles prononcées par Dieu lui-même ou par des hommes dotés du charisme de l'inspiration. Qu'on ne vienne pas citer l'exemple de l'apôtre Pierre cherchant à détourner le Christ du chemin de la croix et qui se fit pour cela traiter de Satan (Matthieu 16:21-23). Il n'était, en disant cela, ni inspiré ni inerrant.

Question : S'il en est ainsi, que penser du discours d'Etienne (Actes 7) qui contient au moins une dizaine de difficultés historiques? 37 Est-il inerrant en lui-même, ce qui implique qu'Etienne a été inspiré par le Saint-Esprit au moment où il l'a prononcé (inerrance primaire), ou bien faut-il se contenter de dire que Luc, inspiré par le Saint-Esprit, l'a rapporté de façon inerrante, mais sans pour autant cautionner tout ce qu'Etienne a pu dire (inerrance secondaire)? Rex A. Koivisto, arguant que Luc approuve manifestement le discours d'Etienne et le considérant donc comme inspiré au moment où il fut prononcé, plaide pour l'inerrance primaire 38 .

Quelques objections à l'inerrance :

On entend souvent dire que la doctrine de l'inerrance est un a priori, une conclusion tirée d'une certaine conception de l'inspiration. On soutient qu'il faut procéder, non de façon déductive (déduire l'inerrance à partir d'une certaine doctrine), mais de façon inductive (vérifier si oui ou non la Bible contient des erreurs, pour parvenir ainsi à un certain constat et déterminer si de la sorte on peut lui attribuer l'inerrance ou l'infaillibilité).

A cela nous répondons que la doctrine de l'inerrance, comme toute autre doctrine, ne doit être ni déduite ni induite, mais tout simplement c'est-à-dire confessée parce qu'attestée par l'Ecriture. Les déclarations de Jésus, par exemple, sa façon d'affirmer l'inviolabilité d'un mot isolé de l'Ecriture (Jean 10:34-36), ont priorité sur toutes nos conclusions ou constatations quant à l'absence ou la présence d'erreurs dans la Bible.

L'inerrance, dit-on encore, est un attribut inutile de l'Ecriture, puisqu'elle est censée ne concerner que les originaux qui ont disparu à jamais. Nous répondons à cela que l'inerrance est un attribut de l'Ecriture qui nous intéresse pour lui-même, isolément. Nous la confessons, parce qu'elle fait partie de ce que la Bible nous dit d'elle-même et qu'elle est indissociable de son statut de Parole de Dieu. Si la Bible n'est pas inerrante, elle n'est pas Parole de Dieu au sens où elle affirme l'être, en tout cas pas dans tout ce qu'elle dit. Une erreur dans l'original changerait le statut de la Bible, comme un péché en Jésus-Christ modifierait toute la christologie. Entre une copie imparfaite de la Parole de Dieu, dont le texte précis de tel ou tel verset ne peut plus être établi avec une certitude entière, et une parole humaine sur Dieu contenant des erreurs, il y a un abîme qualitatif.

Les apôtres, affirme-t-on, ont montré que l'inerrance ne les intéressait pas, qu'ils ne se souciaient pas de petites erreurs. En effet, ils déclarent l'Ecriture "inspirée de Dieu" (2 Timothée 3:16), alors que le texte de l'Ancien Testament qu'ils citent n'était pas inspiré, puisqu'il s'agissait généralement des Septante. Or la traduction des Septante non seulement n'est pas inspirée, mais contient des erreurs.

Soit ! Mais l'expression apostolique "inspirée de Dieu" s'applique aussi bien à l'original hébraïque (et à lui seul) que l'affirmation "la Bible est inspirée", lorsque nous la citons et la commentons en français. D'autre part, l'inerrance apostolique ne peut pas non plus être remise en question du fait que les apôtres citent parfois librement les textes de l'Ancien Testament. Ils reproduisent généralement le texte des Septante, mais le modifient ou proposent une traduction personnelle, quand la version des Septante est incorrecte au point d'altérer gravement le sens du texte en question. Dans de rares cas, il y a citation libre ou paraphrase. Mais c'est là un procédé tout à fait légitime, une méthode très consciente de paraphrase exégétique qui n'affecte pas l'inerrance de la Bible.

La critique scientifique aurait montré, soutient-on, la présence de nombreuses erreurs dans la Bible. C'est l'objection décisive qui incite beaucoup de théologiens bibliques à abandonner le concept d'inerrance. Nous répondrons que dans la très grande majorité des exemples allégués, la preuve n'est pas faite qu'il y a erreur ou contradiction. Celle-ci n'existe souvent que dans l'esprit des critiques. Cf. par exemple le cas des soi-disant doublets, c'est-à-dire des récits parallèles, avec leurs variantes. Souvent aussi il y a une mauvaise compréhension de la Bible, et une exégèse plus rigoureuse permet de dissiper la prétendue erreur. Enfin, on a souvent opposé de fausses certitudes aux affirmations de l'Ecriture. Par exemple, la conviction que l'écriture était inconnue à l'époque de Moïse. La science, en particulier l'archéologie, a rendu de notables services à la théologie biblique et anéanti un certain nombre de dogmes de la critique. Cf. l'évolution qu'a connue le grand expert en archéologie qu'était W.F. Albright.

Cela dit, il subsiste certaines difficultés en nombre bien limité, mais qui ne peuvent pas renverser le dogme biblique. Elles sont généralement dues à notre ignorance des faits, du milieu ou des langues bibliques. D'ailleurs, et il faut le dire à haute voix, nous ne sommes nullement tenus de résoudre toutes les difficultés pour confesser l'inerrance. Celle-ci est un article de foi : nous la confessons dans la foi, en nous fiant aux paroles de notre Maître, même si nous avons parfois les apparences contre nous, sachant combien notre savoir est limité.

Beaucoup de théologiens actuels, et souvent parmi les plus conservateurs, tentent de limiter l'inerrance de l'Ecriture Sainte à son contenu théologique, à son seul message doctrinal (parfois on précise : à l'Evangile), à l'exclusion par exemple de ses affirmations d'ordre historique. Pour dire les choses autrement : la vérité est selon la Bible autre chose que l'exactitude historique et même que la facticité des événements relatés. En d'autres termes, on soutient qu'il n'est pas nécessaire qu'un événement relaté se soit effectivement produit pour que la leçon qu'il contient soit vraie. Même si Jonas n'a jamais existé, ou si les péripéties qu'on lui attribue n'ont pas de réalité historique, le livre en question contient un message et des leçons que nous devons prendre à coeur. Cet argument est dangereux, c'est pourquoi il mérite quelques réflexions.

Il est vrai, bien sûr, que la notion biblique de vérité est quelque chose de très profond qui dépasse le cadre habituel de ce concept, mais cela ne signifie pas encore que ce qu'on appelle couramment vérité n'en fasse pas partie. Quand la Bible parle de mystères divins, de l'essence et des pensées et desseins de Dieu, ceux-ci sont vrais en ce sens qu'ils correspondent effectivement à la réalité divine invisible. Or l'Ecriture montre Dieu à l'action dans l'histoire et donne des exemples historiques de comportements humains, tout cela pour avertir, mettre en garde, exhorter ou consoler. Comment peut-on dire que la vérité historique de ce qui est ainsi raconté n'importe pas? Comment peut-on prétendre, sans le prouver, que la Bible a une autre conception de la vérité? L'apôtre Paul ne dit-il pas que le témoignage qu'il rend au Ressuscité est faux, si le Christ n'est pas ressuscité (1 Corinthiens 15:15)? Pierre atteste, de son côté, que la transfiguration a effectivement eu lieu, qu'il a personnellement vu le Christ transfiguré, qu'il en est le témoin oculaire (2 Pierre 1:16-18). Jean affirme la vérité historique, c'est-à-dire la facticité de ce qui n'est en fin de compte qu'un détail de la crucifixion, quand il écrit : "Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai. Et il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez aussi. Ces choses sont arrivées afin que l'Ecriture soit accomplie : Aucun de ses os ne sera brisé" (Jean 19:35.36).

Pour la Bible comme pour tout homme, une affirmation est vraie quand elle correspond à la réalité. Ce n'est pas là une conception aristotélicienne de la vérité, opposée à la conception hébraïque et que l'Orthodoxie protestante aurait importée dans l'herméneutique, comme on le prétend trop souvent, mais c'est une notion propre à l'esprit humain, universellement reconnue. R. Bultmann écrit dans le Dictionnaire Théologique du Nouveau Testament: "La langue de l'Ancien Testament utilise le mot 'èmèth (environ 126 récurrences) dans le sens absolu de réalité, qui en tant que 'âmén doit être considérée comme sûre, valable, normative, et qui signifie donc vérité... Un 'îsch 'èmèth est un homme dont le comportement correspond à la norme de vérité, un homme véridique... La traduction "fidélité" ne s'impose nulle part... 'èmèth affirme fondamentalement la vérité réelle d'un événement ou d'une situation, comme la langue juridique le montre clairement" 39. "Alètheia, en français «vérité", désigne donc le fait réel... De même que dans la langue juridique l'alètheia est le fait qu'il s'agit de prouver par opposition aux différentes suppositions, le mot désigne chez les historiens la réalité historique par opposition au mythe" 40. Cremer affirme que ce n'est que dans un sens second que le mot 'èmèth désigne la fidélité. Une parole est dite 'èmèth, quand "elle a de la consistance, qu'elle est ferme, sûre, vraie. C'est le cas de récits qui s'avèrent conformes à la réalité, de promesses qui se matérialisent" 41.

Distinguer le contenu doctrinal de la Bible et ses affirmations historiques, en affirmant que l'un peut être vrai sans que les autres le soient, que son message est 'èmèth même s'il est véhiculé par des affirmations qui ne sont pas historiquement exactes, c'est procéder à une dichotomie qui n'est pas légitime et ne rend pas justice au discours de l'Ecriture. C'est ignorer aussi que Dieu est le Dieu de l'histoire, un Dieu qui agit et qui se sert de ses actes pour appeler à la foi, éclairer, guider, corriger, consoler et sauver. Affirmer par exemple que Jonas n'a pas prêché la Parole de Dieu aux habitants de Ninive, c'est déclarer que des gens à qui la Parole de Dieu n'a pas été prêchée et qui ne se sont pas convertis se lèveront au dernier jour pour condamner la génération perverse qui rejeta l'Evangile du Christ, et que la reine de Saba fera de même, bien qu'il ne soit pas prouvé qu'elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon (Mt 12:41.42)! Si les récits historiques de la Bible ne sont pas crédibles, les leçons qu'elle en tire pour les croyants ne le sont pas davantage. Par voie conséquence, l'histoire du salut et donc le salut lui-même n'est pas fiable.

 

2) L'autorité divine :

L'autorité divine de l'Ecriture Sainte provient bien sûr de son origine divine. Lorsqu'un père parle à son enfant, sa parole est revêtue de son autorité de père. Quand un gouvernement promulgue une loi, celle-ci est ipso facto revêtue de l'autorité gouvernementale.

Cf. les chapitres L'Ecriture Sainte est la source et norme de la doctrine chrétienne et L'Ecriture Sainte est la Parole inspirée de Dieu.

La Parole écrite de Dieu subit le même sort que sa Parole incarnée, son Fils. Jésus était Fils de Dieu au plus profond de son abaissement. Parce que sa divinité était invisible, il fut l'objet de moqueries et d'insultes et accusé de blasphèmes. Il en va de même de la Parole de Dieu. Sa divinité est cachée aux yeux du monde. Elle n'est saisie que par la foi. Il faut être croyant pour se soumettre à elle et adorer ses mystères.

A la question : Comment un homme parvient-il à la conviction que la Bible est Parole de Dieu et revêtue d'autorité divine? il faut répondre en distinguant entre ce qu'on appelle en théologie lafides humana, c'est-à-dire une foi d'origine humaine, fondée sur des raisonnements humains, et la fides divina, la foi d'origine divine, produite par le Saint-Esprit. et en faisant appel au témoignage intérieur du Saint-Esprit. C'est ce qu'on appelle encore

 

3) L'autopistie :

Cette propriété de la Bible affirme qu'elle est capable de faire naître dans le coeur de l'homme la foi en elle-même, c'est-à-dire la conviction intime que Dieu y parle. Elle n'a pas besoin qu'on démontre qu'elle est d'origine divine et qu'elle dit la vérité, mais s'impose comme telle à quiconque reçoit son enseignement avec foi. Le Saint-Esprit agit par elle et donne au croyant la certitude intime qu'elle est Parole de Dieu

"Après avoir entendu ce discours, ils eurent le coeur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes frères, que ferons-nous?" (Actes 2:37).

"Alors le geôlier, ayant demandé de la lumière, entra précipitamment et se jeta tout tremblant aux pieds de Paul et de Silas. Il les fit sortir et dit : Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé?" (Actes 16:29.30).

"Je n'ai point honte de l'Evangile ; c'est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec" (Romains 1:16).

"Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de puissance, afin que votre foi soit fondée non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu" (1 Corinthiens 2:4.5).

"Ma parole n'est-elle pas comme un feu, dit l'Eternel, et comme un marteau qui brise le roc?" (Jérémie 23:29).

"La parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles. Elle juge les sentiments et les pensées du coeur. Nulle créature n'est cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte» (Hébreux 4:12.13).

Cf. ci-dessous le chapitre Le témoignage intérieur du Saint-Esprit.

 

4) L'efficacité divine :

L'Ecriture n'est pas lettre morte, mais Parole puissante de Dieu, aussi bien dans la Loi que dans l'Evangile.

La Loi :

"C'est par la loi que vient la connaissance du péché" (Romains 3:20).

"La loi est-elle péché? Loin de là! Mais je n'ai connu le péché que par la loi. Car je n'aurais pas connu la convoitise si la loi n'eût dit: Tu ne convoiteras point. Et le péché, saisissant l'occasion, produisit en moi par le commandement toutes sortes de convoitises, car sans la loi le péché est mort. Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais. Mais quand le commandement vint, le péché reprit vie et moi je mourus. Ainsi, le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. Car le péché, saisissant l'occasion, me séduisit par le commandement et par lui me fit mourir. La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. Ce qui est bon a-t-il donc été pour moi une cause de mort? Loin, de là! Mais c'est le péché, afin qu'il se manifestât comme péché en me donnant la mort par ce qui est bon et que, par le commandement, il devînt condamnable au plus haut point" (Romains 7:7-13). .

L'Evangile :

"Je n'ai point honte de l'Evangile, c'est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec, parce qu'en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu'il est écrit: Le juste vivra par la foi" (Romains 1:16.17).

"La foi vient de ce qu'on entend" (Romains 10:17).

"Dieu qui a dit: La lumière brillera du sein des ténèbres! a fait briller la lumière dans nos coeurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ" (2 Corinthiens 4:6).

"En lui aussi, après avoir entendu la Parole de la vérité, l'Evangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis" (Ephésiens 1:13).

"Vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la Parole vivante et permanente de Dieu" (1 Pierre 1:23).

Cf. encore Esaïe 55:10.11; 1 Corinthiens 1:18; 2:3-5; Hébreux 4:12.13; Jacques 1:18, et le cours de dogmatique sur la Parole de Dieu/moyen de grâce.

 

5) La perfection divine :

Le message de l'Ecriture est double. Par la Loi elle montre à l'homme sa corruption et son péché et lui demande de se repentir. Dans l'Evangile elle lui annonce le salut en Jésus-Christ, le convainc de la grâce et de l'amour de Dieu et lui promet le pardon et la vie éternelle par la foi en Christ.

La perfection est l'attribut en vertu duquel la Bible se suffit à elle-même pour atteindre ce double but Elle n'est pas une révélation intégrale et ne répond pas à toutes les questions théologiques et spirituelles que l'homme se pose. La connaissance qu'elle engendre est partielle (1 Corinthiens 13:12: "Je connais en partie"), mais elle est suffisante pour sauver l'homme. C'est en cela que consiste sa perfection.

"Dès ton enfance tu connais les saintes lettres qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ. Toute l'Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne oeuvre" (2 Timothée 3:15-17).

"Ils ont Moïse et les prophètes. Qu'ils les écoutent!" (Luc 16:29).

"Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle. Ce sont elles qui rendent témoignage de moi" (Jean 5:39).

Dieu ne se révèle donc pas à l'Eglise en dehors de l'Ecriture. Ni la tradition orale ni les révélations particulières ne peuvent être source et norme de doctrine chrétienne. Le chrétien n'a pas besoin d'autres sources. Celles-ci ou bien enseigneraient la même chose que la Bible, et dans ce cas elles seraient inutiles, ou bien elles apporteraient un enseignement nouveau et différeraient donc de l'Ecriture.

Bien qu'elle révèle des vérités et des commandements divins, la Bible n'est ni un recueil de vérités religieuses ni un code moral, mais la révélation d'une histoire de salut, le balisage d'un chemin du salut pour le monde pécheur. Elle a été écrite pour cela. Il faut le souligner, sous peine de s'égarer dans un fondamentalisme malsain.

Cf. l'antithèse dans le chapitre L'Ecriture / Source et norme de la doctrine chrétienne.

 

6) La clarté :

Elle consiste en ce que l'Ecriture enseigne en termes clairs tout ce que l'homme doit savoir et croire pour être sauvé. Tout homme doué d'une intelligence normale, capable de lire ou d'écouter et de comprendre, peut par elle parvenir au salut.

"Ils ont Moïse et les prophètes. Qu'ils les écoutent!" (Luc 16:29).

"Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle. Ce sont elles qui rendent témoignage de moi" (Jean 5:39).

"Ils reçurent la Parole avec beaucoup d'empressement, et ils examinaient chaque jour les Ecritures, pour savoir si ce qu'on leur disait était exact" (Actes I7:11).

"Nous tenons pour d'autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur" (2 Pierre 1:19).

"Ta parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon sentier" (Psaume 119:105).

"Le témoignage de l'Eternel est véritable; il rend sage l'ignorant" (Psaume 19:8).

"Depuis ton enfance tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ" (2 Timothée 3:15). "Je vous écris, petits enfants... Je vous écris, pères... Je vous écris, jeunes gens... Je vous écris, petits enfants" (1 Jean 2:12-14).

"Si vous demeurez dans ma Parole, vous êtes véritablement mes disciples. Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira" (Jean 8:31.32).

"Sanctifie-les par ta vérité, ta parole est la vérité" (Jean 17:17).

Cela dit, pour comprendre l'Ecriture, il faut comprendre son langage spirituel, saisir toute la portée de termes-clés comme foi, rédemption, justification, sanctification, alliance, péché, Loi, Evangile, etc. Si nous avons souvent du mal à comprendre la Bible, c'est parce que notre intelligence et notre coeur sont par nature hostiles aux vérités révélées dans l'Ecriture. D'autre part, notre connaissance des langues anciennes est malgré tout imparfaite. Ensuite, il faut tenir compte du fait que le texte, en particulier celui de l'Ancien Testament, a pu se corrompre au cours de sa retransmission.

Il existe certes des textes difficiles, obscurs (2 Pierre 3:15.16), mais ils ne rendent pas la Bible obscure pour autant, comme quelques gouttes de vin ne transforment pas l'eau en vin. Tout ceci ne change rien au fait que le message central de la Bible, le chemin du salut, y est clairement enseigné. Les vérités que l'homme doit connaître sont toutes révélées dans des textes clairs, les sedes doctrinae, à la lumière desquels il faut interpréter les textes difficiles.

La dogmatique, à la suite de Martin Luther dans son Traité sur le Serf-Arbitre, distingue entre la clarté externe et la clarté interne de la Bible. C'est ainsi que le Réformateur écrit:

"Pour dire les choses brièvement, il existe une double clarté de l'Ecriture comme il y a en elle une double obscurité. L'une, externe, réside dans le ministère de la Parole; l'autre, interne, dans la connaissance du coeur. Concernant la clarté interne, aucun homme ne comprend la moindre parcelle de l'Ecriture, s'il n'a pas l'Esprit de Dieu, car tous ont le coeur obscurci, si bien que même s'ils prennent la parole et savent exposer toute l'Ecriture Sainte, ils ne la saisissent et ne la comprennent pas vraiment. Ils ne croient pas non plus qu'il y ait un Dieu et qu'ils sont ses créatures, ni rien de tout ce qu'enseigne l'Ecriture, comme le dit le Psaume 14: "L'insensé dit en son coeur: Il n'y a point de Dieu". Le Saint-Esprit est nécessaire pour comprendre aussi bien l'Ecriture tout entière que l'une de ses parties. Par contre si tu parles de la clarté externe, Dieu n'a rien laissé dans l'obscurité ou le doute, mais la Parole a tout mis dans la lumière la plus claire et l'a fait connaître au monde entier" 42.

Cette distinction est correcte et s'impose pour rendre justice à l'Ecriture Sainte. La Bible jouit dans la plupart de ses textes de ce qu'on appelle la clarté extérieure. Tout homme peut en comprendre le sens grammatical. C'est ainsi que les paroles d'institution de la Cène sont très faciles à comprendre, même pour un enfant. Et même un païen peut comprendre le message biblique de la justification. Cependant sa clarté intérieure échappe à l'homme aussi longtemps que le Saint-Esprit n'a pas fait son oeuvre dans son coeur, car lui seul comprend les choses qui sont de l'Esprit de Dieu (1 Corinthiens 2:9-11.14.15). C'est à lui de les révéler intérieurement à l'homme, pour qu'elles cessent d'être pour lui folie et scandale.

Si le Christ a institué le ministère de la prédication, ce n'est pas parce que la Bible serait trop difficile à lire pour le commun des mortels, mais parce qu'à cette époque-là, acheter une Bible n'était pas à la portée de tous et que par ailleurs tout le monde ne savait pas lire. La prédication de l'Evangile allait donc permettre à ce dernier de se répandre beaucoup plus rapidement que s'il n'existait que sous forme d'un livre. Et c'est encore vrai aujourd'hui dans bien des pays du monde. Enfin, la prédication de la Parole de Dieu par un homme qualifié a un rôle à la fois explicatif et parénétique. Un bon sermon fait pénétrer le message du texte biblique dans les coeurs, actualise l'Evangile, en dégage les applications qui s'imposent, ancre la foi des auditeurs dans son message et la fait grandir.


 

Notes:

36 Cf. Blass/Debrunner, Grammatik des neutestamentlichen Griechisch, p. 1-9.

37 Comparer par exemple Actes 7:14 et Genèse 46:26. Cf. Gleason Archer, Encyclopedia of Bible Difficulties, 1982, p. 378 ss.

38 Rex A. Koivisto, Stephan's Speech : A Case Study in Rhetoric and Biblical Inerrancy, in Evangelicals and Inerrancy, editor Ronald Youngblood, 1984, p. 217 ss.

39 Th.W.N.T., sub alètheia, I, p. 233.234.

40 Th.W.N.T., op.cit., p. 239.

41 Cremer/Kögel, Wörterbuch der neutestamentlichen Gräzität, 6º édit., p. 110.

42 Martin Luther, W2 XVIII, p. 1683.1684; WA 18, 609.

 


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18-février-2001, Rev. David Milette.