La fête de la Pentecôte – le dimanche 31 mai, 2020

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Le Troisième Article du CREDO – le Saint-Esprit :

Je crois au Saint-Esprit, la sainte Église catholique, la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair et la vie éternelle.

Que signifient ces paroles?


Je crois que je ne peux, par ma raison et mes propres forces, croire en Jésus-Christ, mon Seigneur, ni aller à lui. Mais c’est le Saint-Esprit qui m’a appelé par l’Évangile, éclairé de ses dons, sanctifié et maintenu dans la vraie foi. De la même façon, il appelle et assemble toute l’Église chrétienne sur la terre, l’éclaire, la sanctifi e et la maintient, en Jésus-Christ, dans l’unité de la vraie foi. Dans cette Église, il me remet chaque jour pleinement tous mes péchés, ainsi qu’à tous ceux qui croient. Au dernier jour, il me ressuscitera, moi et tous les morts, et me donnera, comme à tous les croyants, la vie éternelle en Jésus-Christ. C’est ce que je crois fermement.

Petit catéchisme de Martin Luther
Que fête-t-on à la Pentecôte

L’événement de la Pentecôte ne peut être compris qu’en lien avec Pâques et l’Ascension. Jésus est mort pour le salut du monde (le Vendredi Saint), ressuscité (le jour de Pâques) et parti rejoindre le Père (à l’Ascension ). À la Pentecôte, Dieu le Père envoie aux hommes l’Esprit de son Fils. Cette fête clôt le temps pascal, qui dure sept semaines, et dont elle est le couronnement.

Le vent et le feu

Le 50ème jour après Pâques, alors qu’une foule s’est rassemblée pour Chavouot (fête juive commémorant le don de la Loi à Moïse), les Apôtres, Marie et quelques proches entendent un bruit « pareil à celui d’un violent coup de vent » qui remplit la maison ; c’est un premier signe. Le deuxième signe ne se fait pas attendre : « une sorte de feu qui se partageait en langues et se posa sur chacun d’entre eux ». Et voici le troisième prodige : remplis de l’Esprit Saint, signifié par le vent et le feu, « ils se mirent à parler en d’autres langues ». La foule qui festoie est stupéfaite « parce que chacun d’eux les entendait parler sa propre langue ». À tel point que certains les croient « pleins de vin doux » (Ac 2, 1-14) !

Ainsi se réalise la promesse faite par le Christ aux apôtres au moment de son Ascension, une dizaine de jours plus tôt : « vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8).

En effet, les apôtres, ayant reçu la force de l’Esprit, ont alors le courage de sortir de la salle du Cénacle où ils étaient craintivement enfermés. Ils commencent aussitôt à témoigner de la résurrection du Christ, à faire connaître son enseignement et à baptiser. Lors de la Pentecôte, l’Eglise est constituée non par une volonté humaine, mais par la force de l’Esprit de Dieu. À la suite de cet événement, naissent les premières communautés chrétiennes qui se sont ensuite organisées, développées et propagées.

Quel esprit nous envoie Jésus ?

Des premiers (Genèse 1, 2) aux derniers versets (Apocalypse 22, 1) de la Bible, l’Esprit est Dieu, l’Esprit est amour. Il nous est donné dans et par la relation qui unit Jésus Fils de Dieu à son Père.

L’extraordinaire de l’Esprit, c’est qu’en nous greffant sur Jésus-Christ, il nous fait entrer dans la communion d’amour du Père et du Fils, il est l’Esprit « qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions : Abba, Père » (Romains 8, 15). Reliés à Dieu nous voilà reliés aux autres, dans une relation qui nous ouvre à la vie. L’Esprit est communion et vie.

L’Esprit de Dieu

L’Ancien Testament témoigne de la relation de Dieu avec son peuple, vécue à travers l’histoire du salut (l’entrée dans la terre nouvelle, promise et donnée). Pour dire cette relation, les textes nous parlent fréquemment de l’Esprit de Dieu. Dans les récits de création, l’Esprit est un souffle vital et vivifiant (Genèse 1,2 l 2,7) . L’image est forte car en chacun de nous le souffle est la réalité la plus nécessaire : nous ne sommes pas la source de ce souffle, Dieu seul fait « respirer », c’est-à-dire vivre. D’autres récits rapportent les promesses d’une action de Dieu plus universelle et plus intérieure (Jérémie 20, 11) où l’Esprit transforme les cœurs de l’intérieur (Ézechiel 36, 25-27). Si les mentions sont nombreuses, pourtant l’Esprit n’est pas encore pleinement révélé (manifesté). Il n’est pas encore « donné ». Il faut attendre que Jésus soitrelevé d’entre les morts pour reconnaître qu’il est le Fils de Dieu et qu’il donne pleinement l’Esprit (Jean 7, 39).

L’Esprit nous rend ouvert aux autres

Lorsque Jésus est reconnu comme le Fils, il devient manifeste que l’Esprit qu’il envoie est l’Esprit de Dieu, le souffle créateur et aimant annoncé dans l’Ancien Testament.

La passion de Jésus atteste que toute sa vie est pénétrée de l’Esprit d’amour de Dieu : Jésus n’est plus que ce désir filial « tourné vers le Père » (Jean 1,1), il est tout entier ce cri de l’Esprit « Abba, Père » (Galates 4,4 ; Romains 8,15). Sa passion témoigne également de la force créatrice du souffle de Dieu qui dans l’épreuve lui donne de triompher de ses adversaires et de la mort. Relevé d’entre les morts, « exalté à la droite de Dieu« , Jésus pourra répandre l’Esprit, ce souffle de Dieu qui convertit les cœurs, met en mouvement, fait vivre : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie /…/ recevez l’Esprit » (Jean 20, 21). Les disciples de Jésus qui annoncent la Bonne Nouvelle sont des hommes nouveaux, animés de l’Esprit de Dieu qui fait d’eux non plus des esclaves ramenés à la peur mais des fils adoptifs (Romains 8, 15).

Comme eux, nous recevons l’Esprit créateur et aimant de Dieu qui fait vivre à la suite et à la manière de Jésus un amour que Dieu veut offrir à tous : l’Esprit nous rend ouvert aux autres, remplace en nous le désir de dominer par la volonté de se mettre au service des autres ; il nous rend frères du proche comme de l’étranger, dans une communion qui n’annule pas les différences mais les reconnaît et les respecte. L’Esprit que Jésus envoie ne va pas sans cette unité nouvelle entre frères. Il est source de liberté et de joie. Souffle d’amour, souffle créateur, souffle vivifiant,l’esprit nous donne d’entrer déjà dans la vie de Dieu.

L’Esprit Saint en questions

Qu'est-ce que l'Esprit Saint

A qui Dieu donne-t-il cet Esprit Saint ?

Dieu le partage en plénitude, de toute éternité, avec son Fils Jésus. C’est parce qu’il est rempli de l’ Esprit Saint que Jésus peut parler et agir au nom de Dieu. Mais Jésus n’a jamais voulu garder pour lui ce don merveilleux : il a promis à ses disciples de le répandre sur eux. Pour nous, chrétiens, l’ Esprit Saint est à l’oeuvre depuis le Baptême et nous l’avons reçu en plénitude; il nous fait entrer dans une relation forte et intime avec Dieu ; il nous accompagne tout au long de notre vie.

Dieu ne s’impose jamais : son Esprit nous influence vers le bien, mais ne décide jamais à notre place. Sous son influence, nous sommes « bien inspirés » et devenons capables de faire le bien.

Comment l’ Esprit Saint nous libère-t-il ?

L’Esprit de Dieu libère notre capacité d’aimer comme Dieu aime. Il nous pousse à faire des choix qui augmentent l’amour, la paix, la tolérance, les bienfaits, tout ce qui rend le monde plus humain et plus fraternel.

L’Esprit Saint nous change intérieurement, il met en nous un « air de famille » avec Dieu, comme des enfants d’un même Père. Saint Paul écrit que l’Esprit nous pousse à dire « Père » à Dieu. Nous n’avons plus peur de Dieu, nous comprenons qu’il est « Notre Père » comme Jésus l’a dit.

« Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. » (Gal. 5, 22-23)

Comment recevons-nous cet Esprit Saint ?

Jésus a promis d’envoyer l’ Esprit Saint aux croyants. Cette promesse s’est réalisée le jour de la Pentecôte quand ses apôtres on reçu l’Esprit ; qui leur a donné le courage d’annoncer la Résurrection de Jésus à Jérusalem, puis dans tout l’empire romain. L’Esprit fait ainsi grandir l’Eglise dans le monde entier, et l’Eglise à son tour offre à tous cet Esprit Saint par les sacrements du Baptême et de la Sainte Cène.

Est-ce que l’ Esprit Saint est réservé aux chrétiens ?

« L’Esprit souffle où il veut », a expliqué un jour Jésus : une parole, une lecture, une rencontre, tout lui est bon pour se diffuser, même aux non-chrétiens. L’Esprit de Dieu n’est pas la propriété des chrétiens ou de l’Eglise, c’est l’Eglise qui est sous l’inspiration de l’ Esprit Saint est Dieu.

Que dit la Bible sur la Pentecôte ?

Que dit la Bible sur la Pentecôte

Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.

Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient.

Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »

Quels sont les sept dons de l’Esprit Saint ?

Quels sont les dons de l'Esprit Saint

Mais recevoir l’ Esprit Saint, qu’est-ce que cela change ? Que recevons-nous en recevant l’Esprit ? Déjà l’hymne très ancienne Veni Creator Spiritus (LCL 431) demandait à l’Esprit de donner « les sept dons de son amour ». Mais c’est surtout Thomas d’Aquin qui, par sa réflexion théologique, a formalisé une liste de sept dons de l’Esprit :

  • La sagesse : elle fait goûter la présence de Dieu, dans un plus grand compagnonnage avec lui, et un plus grand dynamisme missionnaire. C’est le don contemplatif par excellence.
  • L’intelligence : elle aide à entrer dans le mystère de Dieu, à comprendre de l’intérieur la foi, les Écritures, à distinguer l’erreur de la vérité. Par ce don, chaque chrétien peut devenir un authentique théologien.
  • La science : elle permet de reconnaître Dieu à l’oeuvre dans la nature et dans l’histoire, de recevoir le monde comme un don de Dieu. Elle donne le sens de la précarité de l’univers.
  • La force : elle donne la persévérance dans l’épreuve, le courage du témoignage. Elle soutient les martyrs mais aide aussi au quotidien à accomplir son devoir d’état et à vivre le combat spirituel. C’est l’héroïsme de la petitesse.

« Ma grâce te suffit, dit le Seigneur, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9)

  • Le conseil : c’est le don du discernement spirituel. Il ajuste ce qu’il convient de faire ou d’éviter, de dire ou de taire. Il dispose à voir clair en soi et dans les autres.
  • La piété : elle fait entrer dans l’expérience de la paternité de Dieu, de sa proximité, de sa tendresse. Elle nous donne la confiance de l’enfant. Elle nous rend proche aussi des autres.
  • La crainte : ce n’est pas la peur de Dieu mais le sens de sa grandeur. La conscience de l’infinie distance entre le Tout-Autre et nous, ses créatures. Ce don suscite une attitude d’humilité et d’émerveillement.