LE TEMPS DE L’AVENT

La période de quatre semaines qui précèdent Noël est le temps de l’AVENT, mot latin signifiant « la venue ».  Le Seigneur est venu une première fois lors de son incarnation, lorsqu’il a revêtu notre chair pour accomplir l’œuvre du salut  (Zacharie 9:9; Matthieu 21:4).  Il reviendra au Dernier jour pour parachever notre rédemption en nous emmenant au ciel (Matthieu 24:30).  Il vient à nous quotidiennement dans sa Parole et les sacrements.  Il est constamment présent dans son Église (Jean 14:18, 23).

L’Avent met l’accent sur la royauté du Christ.  Que ce soit lors de son incarnation ou lors de son second avènement, Jésus est notre Roi.  Il règne sur son peuple par sa Parole de grâce.  Nous attendons son second avènement; en ce jour-là, nous serons libérés de tous nos ennemis; nous entrerons dans les demeures célestes et serons toujours avec lui.  Mais sachez bien que l’Avent n’est pas une sorte de « Noël avant l’heure », une période de célébration continuelle de la naissance du Christ.  Durant cette période, nous commémorons sa venue il y a 2000 ans pour nous sauver du péché et de la mort.  Nous attendons également son second avènement lorsqu’il reviendra en tant que notre libérateur.

C’est un temps de préparation durant lequel nous attendons le retour du Seigneur, une période de joyeuse anticipation, comme le soulignent les parties variables de la liturgie appelées «le propre».  Durant l’Avent, le propre est emprunté à Zacharie 9:9, au Psaume 118:26 et à d’autres passages similaires.  Ce temps est placé sous le signe de l’espérance.

 

LE TEMPS DE NOËL ET DE L’ÉPIPHANIE

La place de ce temps dans le calendrier liturgique :  Ce temps commence avec la (les) célébrations(s) de Noël.  Il est suivi du dimanche après Noël, du Nouvel An qui fête la circoncision du Christ, de l’Épiphanie et des dimanches après l’Épiphanie.  Il culmine avec le dimanche de la transfiguration.

Noël commémore la naissance du Christ.  Sa première venue – autrement dit l’incarnation du Fils de Dieu – constitue la substance du message de Noël.  La promesse de Dieu d’envoyer un Sauveur à son peuple et de conclure une nouvelle alliance est indissociablement liée à l’incarnation.

Noël mène à la croix et à la parousie.  La naissance du Christ est la première étape importante de la rédemption du monde et de la réconciliation avec Dieu.  Il nous faut présenter cet événement comme une partie intégrante de l’activité salvifique de Dieu et le proclamer à la lumière de la croix et de la résurrection.  Le prédicateur se doit de faire ressortir la signification profonde de Noël, à savoir la rédemption de l’humanité.  L’évocation de la naissance de Jésus ne doit pas consister en des réflexions d’ordre pratique sur la vie et ses difficultés.  C’est l’occasion de présenter Jésus-Christ comme la solution de Dieu à la situation dramatique de l’humanité.

Ne perdez pas de vue que Noël ne se situe pas au centre de l’oeuvre rédemptrice de Dieu, mais qu’il en constitue la première étape, le point de depart.  Ce qui est et demeure au cœur de la rédemption, c’est Vendredi Saint et Pâques; ces deux fêtes sont les piliers du christianisme.  Les souffrances de Jésus, sa mort et sa résurrection sont au cœur de la foi chrétienne.  Ce n’est pas la crèche, mais la croix dénudée qui est l’emblème du Sauveur.

« L’Épiphanie » – mot d’origine grecque – signifie manifestation.  Elle révèle au monde tout l’éclat de la gloire du Christ.  Durant ce temps sont évoqués la visite des mages, le baptème du Christ et son premier miracle à Cana : autant d’aspects de la manifestation (=démonstration) de sa gloire au monde.

Nous annonçons Jésus en tant que Seigneur et proclamons sa divinité.  Noël rend témoignage à son humanité; l’Épiphanie souligne ses liens avec le Père.  Noël et l’Épiphanie attestent que celui qui est venu au monde est à la fois vrai homme et vrai Dieu.  Une femme a mis au monde le Fils de Dieu.  La Parole est devenue chair en Jésus-Christ.

La prédication du temps de l’Épiphanie se penche sur la personne du Christ.  L’image qu’il nous est donné de contempler est celle du Fils de Dieu et du Fils de l’homme.  Semaine après semaine, les péricopes de l’Épiphanie ajoutent de nouvelles touches à ce portrait qui fait apparaître Jésus comme le propre Fils de Dieu, à la fois homme et Dieu.

Les péricopes du temps de l’Épiphanie comportent aussi une dimension eschatologique.  Le Fils de Dieu reviendra comme Juge.  Celles du dimanche de la transfiguration élargissent le cadre de l’Épiphanie par les allusions aux choses de la fin.  Elles constituent aussi la transition avec le temps du Carême.  Les références à l’Avent du Christ durant le temps de Noël et de l’Épiphanie orientent nos regards vers la conclusion et l’aboutissement de l’œuvre rédemptrice du Christ.

Répétons-le :  Christ est au centre du message.  Malheureusement, lors des fêtes de Noël, Christ est souvent le grand absent, et ce sont la famille et les enfants qui occupent le devant de la scène.  Il ne doit pas en être ainsi dans une Église chrétienne.  Jésus et son salut doivent retenir toute notre attention durant le culte.  Avec Noël commence l’histoire de notre rédemption; elle culmine à Pâques avec la résurrection.  Nous prêchons Christ.  Il est la sagesse de Dieu (1 Corinthiens 1:23–24).

 

LE TEMPS DU CARÊME

Le temps du Carême ou de la Passion débute le Mercredi des Cendres et se poursuit jusqu’à la Semaine sainte.  C’est une période de 40 jours.  Mais les dimanches ne sont pas inclus dans ce compte : ce sont de « petites Pâques ».  Le temps du Carême nous conduit jusqu’à l’événement le plus important de l’année liturgique : Pâques, la résurrection de notre Seigneur.

Durant le Carême, l’accent porte sur la grâce de Dieu et sur la réponse de l’homme.  Le Carême nous mène à ce moment sublime qu’est Pâques.  Le Vendredi Saint, avec la crucifixion du Christ, fait évidemment partie du Carême, mais n’en constitue pas l’unique élément ou l’élément principal.  Le Vendredi Saint et le Carême ne doivent pas être considérés comme une sorte de    ´veillée commémorative` de la mort du Seigneur.  Le Carême veut nous conduire à Pâques et à la victoire que le Seigneur a remportée sur le péché, la mort et Satan.  Nous ne devons pas faire de lui une période de pénitence durant laquelle l’important serait de jeûner et de renoncer à certains éléments de confort.  L’accent doit principalement porter sur le Christ et son sacrifice expiatoire (Hébreux 2 :17).

Le Carême est un temps de renouveau dans l’Église par le moyen de la Parole et des sacrements.  Ce renouveau implique un changement de cœur.  Nous sommes nés avec un esprit charnel (Romains 8:7).  Par la foi, notre cœur a été renouvelé et rempli de gratitude et d’amour envers Dieu.  Ce changement du cœur induit aussi un changement d’esprit : les croyants ne s’attachent pas aux œuvres de la chair, mais à celles de l’esprit (Romains 8:5).  Nous sommes transformés par le renouvellement de l’esprit (Romains 12:2).  Le croyant devient ainsi une nouvelle créature (2 Corinthiens 5:7).  L’image de Dieu a été renouvelée en nous (Éphésiens 4:24).  Dans le baptême, nous avons été ensevelis avec le Christ et sommes ressuscités avec lui pour une vie nouvelle (Romains 6:4).  Le Carême constitue un rappel de notre vœu de baptême, car ce sacrement nous a conduits à renoncer au diable et à ses œuvres et à promettre fidélité à Dieu.

Le Carême marque la célébration liturgique de son empreinte et associe le croyant à la mort et la résurrection du Christ.  L’Église insiste sur la réconciliation et le pardon dont le Seigneur l’a faite dépositaire.  Elle met toute son attention sur Pâques.  Pâques est au centre de la prédication chrétienne.

La prédication du temps du Carême souligne la situation dramatique dans laquelle se trouve l’humanité par suite du péché et de la mort.  Elle place devant nos yeux un miroir dans lequel nous pouvons nous voir tels que nous sommes.  Et ce que nous voyons, c’est l’image de créatures coupées de Dieu à cause du péché.  Mais la prédication souligne aussi les moyens que Dieu a mis en place pour résoudre le problème du péché et de la mort.  La détresse de l’humanité et l’œuvre rédemptrice de Dieu constituent dont les thèmes des prédications du temps du Carême : elles souligneront le rédemption de Dieu par la mort et la résurrection de Jésus ; elles dépeindront la croix et le tombeau vide ; elles feront le point sur la situation présente et sur notre vie à venir dont Pâques est le but ultime.

Le principe liturgique de base, qui est valable pour l’année tout entière, est que le dimanche donne le ton de la semaine.  L’évangile de chaque dimanche occupe la place centrale.  Nous proclamons les souffrances, la mort et la résurrection du Seigneur.  La prédication du Carême présente simultanément la croix et la victoire de Pâques.

En conclusion, et pour nous résumer :  durant le Carême, l’accent doit porter sur le Fils de Dieu, et non sur nos sentiments ou nos œuvres.  Le Fils de Dieu se rend à Jérusalem ; il se substitue à nous pour lutter contre Satan et terrasser ce terrible ennemi par sa mort.  Le Fils de Dieu laisse éclater sa victoire au matin de Pâques.  Nous, faibles humains, ne pouvons qu’admirer ces hauts faits.  Nous répondons au Fils de Dieu par la foi.  Notre prédication devra refléter cette approche.  Elle sera centrée sur le Christ.  Elle modèlera notre conduite, de sorte que notre vie sera le reflet de ce renouveau.  Mais ce ne sera pas l’essentiel de notre sermon, car « nous ne prêchons pas nous-mêmes » (paroles que l’on peut aussi interpréter dans ce sens un peu plus particulier) (2 Corinthiens 4:5), mais « le Christ crucifié » (1 Corinthiens 1:23).

 

LE TEMPS DE PÂQUES

Il s’agit d’une période de 50 jours qui commence avec la Fête de la résurrection du Seigneur.    Les dimanches de cette période sont les dimanches du temps de Pâques, Pâques étant le premier de la série.  Nous célébrons l’ascension du Seigneur le sixième dimanche après Pâques, ou plus généralement, le jeudi qui précède ce dimanche.

Pâques célèbre la résurrection du Seigneur crucifié et son apparition dans son corps glorifié à ses disciples.  Cependant, chaque dimanche de l’année fête cet événement fondamental de la foi chrétienne.  La tristesse de la Semaine sainte se change en joie et en bonheur.  Voici venu le temps de la proclamation de la victoire de Jésus : «Christ est le Seigneur!».  Pâques proclame la délivrance de l’humanité prisonnière du péché et de la mort.  Le jour de Pâques, Jésus a restauré la vie!  L’Église célèbre la résurrection de son Seigneur jusqu’à ce qu’il revienne à la fin des temps.  Chaque dimanche est une petite fête de Pâques : semaine après semaine, l’Église proclame la joyeuse nouvelle : « Il est ressuscité ! »

La résurrection du Seigneur est au coeur des Écritures.  Les prophéties de l’Ancien Testament ont annoncé les souffrances, la mort et la résurrection du Christ.  Le Seigneur n’a jamais parlé de sa mort à ses disciples sans évoquer en même temps sa résurrection.  Sur le chemin d’Emmaüs, il a rappelé aux deux disciples que selon les Écritures Christ devait « souffrir et entrer dans sa gloire » (Luc 24:26).  Et par la suite, les apôtres ne manquèrent jamais de donner à cet événement la place centrale dans leur prédication.  Paul affirme que « si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine et votre foi aussi est vaine » … « Vous êtes encore dans vos péchés » (1 Corinthians 15:14, 17).  La résurrection du Seigneur d’entre les morts est le fondement de l’absolution et le sceau divin qui atteste le pardon des péchés.

Pâques est au centre du culte chrétien.  L’œuvre rédemptrice de Dieu culmine dans l’événement de Pâques.  Tout au long de l’année ecclésiastique, la prédication chrétienne doit sans cesse faire référence à la résurrection du Seigneur.  L’annonce du Christ ressuscité est l’élément central de la proclamation destinée au monde.  La crucifixion et la résurrection sont le noyau et le pilier de tout sermon.  Nous devons les proclamer sous des formes et en des termes sans cesse renouvelés.

Pâques est le fondement de l’année ecclésiastique tout entière.  Toute l’Écriture oriente nos regards vers ce miracle qui proclame le triomphe de Dieu sur ses ennemis.  Elle rend témoignage au Seigneur vivant et triomphant.

 

LES DIMANCHES APRÈS LA PENTECÔTE

Les dimanches de la seconde moitié de l’année ecclésiastique sont appelés dimanches après la Pentecôte.  Le premier dimanche est dédié à la sainte Trinité.  Les trois derniers dimanches portent sur les choses des derniers temps (Eschatologie).

C’est une période de l’année durant laquelle le Saint-Esprit nous nourrit abondamment par la Parole et les sacrements.  Nous buvons le lait de la Parole de Dieu (1 Pierre 2:2), ceux qui ont atteint leur maturité en Christ reçoivent une nourriture solide (Hébreux 5:14).  Durant tous ces dimanches, nous serons invités à prendre conscience des dangers qui menacent la foi, car Satan est toujours en quête de proies (1 Pierre 5:8), à présenter au Seigneur le fruit de nos bonnes oeuvres (Galates 5:22–23) et à puiser des forces pour être en mesure d’affronter les soucis de la vie et l’épreuve de la mort.

Durant cette période, les péricopes bibliques se présentent autrement que durant la première moitié de l’année.  Durant les périodes de fêtes, notre culte était axé sur des événements marquants de la vie du Seigneur.  Les trois lectures bibliques étaient choisies de manière à éclairer tel ou tel événement particulier.  Durant la deuxième moitié de l’année ecclésiastique, le schéma sera différent.  Les péricopes évangéliques constitueront plus ou moins une lecture continue.  Les textes de l’Ancien Testament ne sont pas choisis en fonction de la période de l’année, mais du rapport qu’ils peuvent avoir avec l’évangile du jour.  La lecture des péricopes épistolaires est elle aussi continue.  Il n’existe pas toujours un lien entre les trois lectures bibliques.  Il n’y a pas non plus de thème particulier pour chacun de ces dimanches.  C’est généralement l’évangile du jour qui en constitue le thème; l’Ancien Testament s’y rapporte et l’épître, de même, fait souvent écho à l’évangile ou à l’Ancien Testament.

La longueur de la période qui suit la Pentecôte est variable en raison des fêtes mobiles du temps du Carême et de Pâques.  La progression des thèmes est la suivante :  cela va de la révélation de Dieu le Père, Fils et Saint-Esprit jusqu’à l’accomplissement final de son dessein d’amour consistant  à nous conduire dans son royaume de gloire.